Ecriture : Le bilan de la (presque) vacancière pour 2018 !

Ça se sent, la fille qui se trouve entre la fin d’une période d’écriture et le début d’une phase de corrections ? 😀 Trois billets en trois semaines, du jamais-vu par ici… On va dire que j’en profite pour me faire pardonner auprès de monsieur Blog, que je délaisse de façon éhontée depuis des mois… J’ai pas trop de souci d’inspiration côté fiction, mais quand il s’agit de venir donner des nouvelles sur ces pages, dur dur de démarrer la machine.
Du coup, pour ce bilan avant le départ en vacances, je vais rester méthodique et y aller progressivement !

Un démarrage sur les chapeaux de roue (et aucun freinage annoncé !)

J’ai commencé l’année en compagnie de Puce et Globule. Un tome 2 à boucler, puis les corrections éditoriales et le travail autour des illustrations ont débuté dans la foulée pour les deux premiers volumes de la série. Les allers-retours ont été fréquents pendant le premier semestre, surtout pour peaufiner la partie énigmes et jeux (mais je reviendrai vous parler de tout ça un peu plus tard).
Entre-temps, j’ai débuté l’écriture d’un roman adulte dont je vous avais vaguement parlé : Au bout de la route, un planet opera intimiste avec une mère et ses deux enfants coincés dans un environnement hostile… J’ai dû m’interrompre après avoir dépassé la moitié du premier jet, car le travail sur Puce et Globule a soudain pris de l’ampleur : il me fallait préparer assez rapidement les synopsis détaillés des 3ème et 4ème tomes de la série. Avec les délais à tenir, je préfère donc pour l’instant me consacrer tout entière à mes petits héros et à leur univers que je prends énormément de plaisir à étoffer au fil des épisodes 🙂 Au bout de la route est en stand-by dans un coin de ma tête. J’espère retourner sur ma planète lointaine courant 2019, mais d’ici là, je vais tâcher de me dégager du temps pour relire toute la première partie du manuscrit.

En avant pour le cycle !

Les premiers jets des tomes 3 et 4 de Puce et Globule sont maintenant partis en relecture. Avec la nouvelle mouture du cycle CoCyclics (et surtout, avec son accès plus facile et rapide qu’avant !), j’ai sauté sur l’occasion et ai trouvé un bêta-lecteur supplémentaire par ce biais, quand bien même j’annonçais des contraintes temporelles plutôt serrées 🙂 C’est la magie de cette communauté.
(Si vous n’avez pas jamais entendu parler de CoCyclics avant de lire ce billet et que vous voulez en savoir plus sur le travail de bêta-lecture qui y a cours, rendez-vous sur cette page ou venez vous inscrire sur le forum !)
Mais pendant que mes bêta travaillent, je ne prends pas de pause pour autant : non, je me documente et je réfléchis aux éléments ludiques qui se glisseront dans ces nouveaux épisodes (à cette occasion, je peux le dire haut et fort : j’ai maintenant une excuse toute trouvée pour me ruiner en littérature jeunesse 😀 si je tombe sur un album qui aborde le corps humain, je me précipite dessus… ben oui, c’est pour l’écriture !!! Et c’est toujours chouette de voir ce que font les autres auteurs sur le sujet).

Dernièrement, j’ai craqué et ai acheté des livres rigolos et/ou pédagogiques en lien avec le fonctionnement du corps humain, adaptés aux plus jeunes.

Et puis en ce début 2018, j’ai eu la chance de bêta-lire aussi deux pépites :
– Un roman adulte de science-fiction, plein de douceur et d’espérance (comme j’aimerais en trouver plus souvent en littérature). Merci Anaïs pour cette lecture, je te souhaite très fort qu’il trouve preneur pour que d’autres aient la chance de le lire 🙂
– Un roman ado à l’univers qui ne pouvait que me ravir, moi l’adoratrice des jeux sous toutes ces formes !! Une adaptation très très trèèèèès prometteuse des Loups de Thiercelieux (ouiii \o/ ), sur laquelle je ne peux que vous conseiller de vous ruer lors de sa sortie. Merci à Paul et Silène pour cette gourmandise littéraire 🙂

Et sur les plateformes d’écriture ?

Sur Wattpad, je rêve de trouver un peu de temps pour raconter la suite des aventures de Cassy, ma baroudeuse des Echos Stellaires. La troisième « saison » est en attente depuis… piouf ! Au moins 2 ans ? En quelque sorte, Au bout de la route est né de cette mini-série sur Wattpad, avec mon envie de planet opera et de personnage au ton familier, très oral (même si bien sûr, le scénario a changé du tout au tout depuis…). Les Echos ont été bien appréciés et j’espère pouvoir prendre une petite semaine à Noël (soyons fous !) pour rejoindre Cassy et ses embrouilles.

Il y a quelque temps, j’avais repéré une autre plateforme, très liée à une maison d’édition celle-ci, puisqu’il s’agit de 404-factory (pour 404 éditions). Rien que le nom de l’éditeur m’avait interloqué à l’époque, et j’avais vite compris que la ligne de 404 était très axée univers ludiques… Alors, quand j’ai appris la réouverture de leur concours (un appel à textes pour les romans, en somme), il n’en fallait pas plus pour que je poste FVJ dessus. 

Rebaptisé Ludonesia pour l’occasion, ce roman, c’est mon chouchou (bon ok, je les aime tous, mes romans ; mais celui-là, comme Puce et Globule pour la jeunesse, possède un univers qui est cher à mon cœur, car façonné de jeux). Ecrit en 2015 et retravaillé pendant deux ans derrière, je désespérais d’en faire quoi que ce soit. Il faut dire que le bébé pèse lourd (près d’1,1 millions de signes). On est à fond dans de la fantasy, avec surenchère de magie et d’effets spéciaux et une bonne dose de références ludiques… Du coup sur 404, je le trouve bien entouré et surtout à une place plus amusante qu’au fond d’un tiroir, une place où il pourra continuer d’être lu 🙂
Je n’aurai probablement pas le temps de m’y consacrer en 2019 (trop de choses déjà prévues), mais en 2020, j’espère bien retourner dans Ludonesia pour y raconter une autre histoire !!

Un très bel été à vous, les loulous ! 🙂giphy

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Comment tenir le rythme d’écriture ? 7 conseils basés sur mon expérience personnelle

En ce moment, vu que je suis en pause, je prends le temps de revenir par ici pour un billet de blog qui sera plus centré sur l’organisationnel.

Je viens de terminer l’écriture de deux premiers jets de manuscrit en 8 semaines, top chrono. Bon, ok, ce sont des petits volumes (260 000 signes pour l’ensemble), mais à côté de ça, j’ai un autre boulot (plutôt prenant, en ce moment !) et je n’ai pas laissé tomber mes rendez-vous, mes loisirs, mes vacances pour autant.

Alors, comment je fais pour tenir le rythme d’écriture ? Je vous donne ma méthode, vous en faites ce que vous vous voulez 🙂 (sachant que tout le monde est différent et que tous les conseils que je donnerai ci-après ne conviendront pas à tous).

  • Déterminer quel sera votre date-butoir 

Que j’écrive suite à une demande éditoriale, pour un appel à textes, ou bien sans contrainte particulière, j’ai besoin d’avoir en tête une date que je choisisse personnellement pour pouvoir me mettre au travail. Cette date sera donc différente de celles que l’on (l’éditeur, l’appel à textes, les contraintes de la vie) m’imposera par ailleurs, je l’aurai choisie et je serai la seule à pouvoir la modifier. Et elle va aussi être très précise. Ce ne sera pas seulement un « dans le courant de l’été » ou bien un « à la fin de l’année », mais plutôt un « jour, mois, année », que je fixe sur mon agenda et que j’aurai toujours sous les yeux. Cette date-butoir, elle constitue un premier moteur pour ma motivation personnelle. C’est elle qui va en quelque sorte me tirer en avant, c’est la ligne d’horizon à atteindre (parce que oui, on peut atteindre cette ligne 🙂 ).

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Une belle ligne d’horizon… Avec un champ de coquelicots à traverser pour l’atteindre 🙂

  • Définir des jalons, des points-étapes

Une fois que cette ligne d’horizon est fixée, j’organise le découpage du travail d’écriture. Quand j’écris, j’ai souvent un plan sous la main, avec une idée grossière du volume à écrire (elle peut fluctuer en cours de route, ce n’est pas l’important), de comment se découpera le manuscrit (le nombre de signes, de chapitres ou de séquences, de scènes).

À partir de là, j’établis non pas un calendrier, mais des jalons, des objectifs intermédiaires à atteindre. Ici, je ne pense pas en durée. On laisse les agendas de côté. J’établis plutôt quelles sont les différentes briques (= sous-objectifs) du projet à réaliser pour atteindre l’objectif final.

Ça peut être par exemple « 5 premiers chapitres écrits » ou bien « 1ère relecture effectuée ». Des sous-objectifs qui vous parlent et qui vont structurer votre avancée.

  • Ritualiser

Je me suis aperçue avec le temps que, plus mes pauses d’écriture étaient longues, plus j’avais du mal à me replonger dans un texte inachevé. Un peu comme si le moteur propre à un projet se refroidissait tellement qu’il avait du mal à repartir.

J’ai donc besoin d’être dans un processus d’écriture tous les jours (ou presque, cf. la suite) pour ne pas perdre le contact avec mon texte. Et, quand je parle de « processus d’écriture », c’est au sens large (les corrections, le travail de relecture d’un manuscrit… font partie de ce processus).

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Aussi, pour préserver un moment d’écriture journalier, je ritualise beaucoup. Je travaille toujours aux mêmes moments/heures de la journée. Je me prépare toujours une boisson et/ou un en-cas avant de commencer à travailler. Je relis toujours mon chapitre/ma scène précédente avant de poursuivre mon travail. Je ne déroge jamais à ces « petites règles » qui aident finalement à intégrer l’écriture dans mon quotidien.

  • Tout planifier, j’ai bien dit « tout » (même les pauses et les imprévus !)

Aujourd’hui, j’ai une idée plutôt précise de mes capacités et de mon rythme d’écriture moyen, de ce qu’il m’est possible d’atteindre par jour, par semaine, par mois… Ce qui me facilite bien sûr cette planification. Je sais depuis quelque temps maintenant qu’il est important pour moi de « prendre le temps ». Que parfois, si je bloque sur une scène ou un chapitre, vouloir me presser pour écrire parce que « j’ai prévu d’écrire là, maintenant, tout de suite » n’est pas la solution.
Le « muscle » de l’écriture est fait de telle façon qu’il a besoin de temps de repos. Un peu comme quand vous essayez de développer votre masse musculaire : vous n’allez pas faire travailler les mêmes groupes de muscles tout le temps, parce que la pause est nécessaire pour la construction des fibres, et donc votre progression.
Souvent, quand je vois les planifications de gens autour de moi, je comprends qu’ils organisent leur temps en omettant ce temps de pause-là. Ils calculent leur temps en essayant de faire rentrer trop de choses dans une journée/semaine et surtout, en oubliant de prévoir les temps de pause, les imprévus, et les temps de transition entre chaque activité.

Ainsi, pour la planification de l’écriture, je prévois aussi « tout » ce qui entoure le travail d’écriture, et tout ce qui vient ponctuer ce travail. Je n’ai pas besoin d’avoir des durées précises affectées sur mon calendrier pour chaque activité, mais les durées m’ont permis au fil du temps de comprendre que je ne pouvais pas faire rentrer 10 objectifs différents à atteindre dans une même journée/semaine/mois.

Exemple : aujourd’hui, je veux écrire un petit chapitre (3000 signes, environ 500 mots) : c’est mon objectif, mon jalon du jour. Connaissant mon rythme d’écriture moyen (3000 signes à l’heure), je pourrais en déduire de glisser une heure dans mon agenda pour faire ce chapitre. Mais ça ne suffirait pas, car il me faut penser aux temps de respiration, aux temps de pause. J’organiserai donc mon temps pour avoir 1h30 à 2h pour l’écriture, et tant mieux si je dépasse mon objectif du jour !

L’essentiel est d’obtenir ce sentiment d’accomplissement (« j’ai rempli mon objectif ») et d’en éviter un autre, celui du débordement (« je n’ai pas réussi à terminer ce qui était prévu »).

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Alors, comme tout le monde, il m’arrive de faire fausse route, de prévoir trop pour une journée, de ne pas avoir envisagé que les imprévus (qui peuvent prendre une forme variée) prendraient un tel volume de temps et d’être contrainte de laisser de côté certains objectifs. Mais il est de plus en plus rare pour moi d’être saisie par ce sentiment de trop-plein. Je préfère mille fois prévoir 3 objectifs à atteindre (= avec plein de pauses et d’imprévus) et les atteindre, qu’en prévoir 6 et n’en faire que la moitié. Le résultat serait le même, me direz-vous (j’en aurais atteint 3 dans les deux cas), mais le ressenti qui les accompagnerait serait bien différent.

  • Prévoir la « récompense »

Je marche très peu au bâton, et beaucoup à la carotte. Là aussi, bien sûr, il faut se connaître, mais c’est un élément de « gamification » (ou ludification… je viens d’apprendre que la version française de ce mot existait :D) que j’intègre facilement à mon propre mode de fonctionnement.
En clair, et sans être systématique, quand j’atteins un jalon important pour moi, je « m’offre » quelque chose. Ça peut être quelque chose de matériel ou non, peu importe. Le tout est d’associer, dès le départ, cette récompense à l’atteinte de l’objectif en question. C’est une forme de motivation supplémentaire, qui peut parfois se révéler plus puissante que la simple atteinte de la date-butoir.

PS : pour garder une trace de mes objectifs et de mes « récompenses », j’utilise une to-do list ludique et en ligne, qui s’appelle Habitica.

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  • Donner la priorité à l’écriture

Ce point-ci me semble facultatif car très perso-dépendant, mais qui peut vous aider (si, encore une fois, votre environnement au sens large – économique, spatial, social, culturel, temporel – vous le permet).
Dans une journée/semaine/mois, les activités et les propositions s’entrechoquent. Parfois, vous avez le choix entre plusieurs d’entre elles et l’écriture est mise dans la balance.
Eh bien, pour ma part, devant ce genre de dilemme, je fais souvent le choix de prioriser l’écriture. Parce que c’est une activité qui compte pour moi, qui m’apporte du bien-être et de la joie, qui m’enrichit 🙂

On oublie peut-être parfois ce que nous apporte l’écriture (ou la création au sens large), et se le rappeler (ou le rappeler à notre entourage) permet aussi de lui donner plus facilement la priorité.

  • Ne pas avoir peur d’essayer, de se tromper, de se remettre en question, de changer et de recommencer

Au début, quand on ne se connait pas bien, on tâtonne, on se cherche. On ne sait pas ce dont on est capable, jusqu’où on peut aller, quel est le fonctionnement qui va nous convenir, si même il y a quelque chose qui va nous convenir !

Et puis plus tard, on se connait mieux, mais on peut aussi changer. Alors on tâtonne, on cherche de nouveau. On teste de nouveaux processus, de nouveaux rythmes, une nouvelle organisation de travail. Parfois, ça marche du premier coup, mais souvent, il faut essayer plusieurs choses et de nombreuses fois avant de trouver chaussure à son pied.

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Je n’ai pas compris ce que je viens de vous exposer tout de suite. Il m’a fallu plusieurs années, plusieurs essais, pour prendre conscience que ça pouvait m’aider aujourd’hui à maintenir un rythme de croisière dans l’écriture, un rythme qui soit vraiment adapté à ma personne, à ma vie actuelle. Et je n’exclus pas le fait que ça puisse changer à l’avenir, que ces conseils formulés à l’instant T ne fonctionnent plus pour moi à l’instant T+10.

Ce qui ne changera pas, c’est le fait que je me dise : « Ce n’est pas grave. Si ça ne va plus, j’essayerai autre chose, je recommencerai ». Accepter de se planter, le reconnaître, et réajuster les composantes de son activité créative (son contenu, son rythme) pour qu’elle reste en accord avec soi, c’est à mon sens le conseil le plus important que je pourrais vous donner 🙂