Des corrections sans fin (ou presque)

Je manque cruellement d’idées pour ce blog, alors je les pique aux copines 😛 (merci Elodie). Ajoutez à cela que je viens de terminer une nouvelle phase de corrections sur un mastodonte d’un million de signes… Un billet sur le sujet me semble approprié.

Tous les auteurs sont différents et donc, ce qui va suivre ne vaut que pour moi. Peut-être certains d’entre vous s’y reconnaîtront, peut-être pas. L’important dans l’histoire, c’est  à mon avis d’apprendre à se connaître et ne pas aller à l’encontre d’un fonctionnement qui nous convient, même si celui-ci peut changer à chaque texte !!

Une histoire de pâte à modeler

Pour moi, une correction (que ce soit pour un texte court ou long) n’est jamais autant efficace qu’avec plusieurs passages consécutifs. Je m’en suis rendue compte plus facilement sur les romans que sur les nouvelles, mais au final, je sens bien que j’ai besoin de ces multiples passages sur n’importe quel texte pour être contente du résultat. Pour enfin pouvoir me dire « ok, là tu as une version satisfaisante, c’est à dire qui ne jure pas à tes oreilles et avec un peu de chance, ça ne jurera pas aux oreilles des lecteurs ».

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Quand on travaille sur un bloc de pâte à modeler, on va d’abord chercher la forme générale de ce qu’on souhaite obtenir. Et ensuite, on va affiner petit à petit, ôter de plus petits fragments, les replacer autre part. Ce genre de corrections va sans aucun doute introduire de nouveaux problèmes qui n’étaient pas là au départ, mais qu’à cela ne tienne : la pâte à modeler peut être de nouveau modifiée, la forme peut être de nouveau corrigée.
Pour mes textes, je travaille de la même façon qu’avec ce bloc à modeler. Je reste consciente des soucis que je peux introduire tout en réglant un premier problème. Les phases de relectures-corrections répétées me permettent à chaque fois de rééquilibrer, pour m’approcher du texte final.

Le temps qu’il faut

Avec les années, j’ai appris à le prendre, ce temps. Surtout entre les différentes phases de relecture-corrections dont je vous ai parlé juste avant. Déjà, rien que pour répondre à un appel à textes de nouvelles, j’ai vite ressenti le besoin d’écrire le texte plusieurs semaines / mois à l’avance, « juste » pour avoir un temps de pause entre le moment d’écriture et le moment de corrections. Ça a été encore plus flagrant lorsque je me suis attaquée aux romans. Trois ou quatre mois de « décantation » du texte et là, ses défauts (pas tous, loin s’en faut, mais disons ceux auxquels je suis le plus sensible en tant que lectrice et ceux que j’ai appris à traquer parce qu’ils font partie de mes défauts récurrents) me sautent littéralement aux yeux.
J’essaie donc de laisser du temps entre chaque phase de relecture-corrections.

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Pendant la correction proprement dite, c’est une autre histoire.
En sortant d’une nouvelle phase de travail sur FVJ (le fameux mastodonte de 1M de signes), une phase qui a duré plusieurs mois, je me suis rendue compte que je n’avais pas corrigé « exactement » de la même façon le début et la fin du texte. Comme si, de la même manière qu’à l’écriture du premier jet, le « ton » de mes corrections avait évolué. Ça peut être dû à plein de choses : un changement d’avis en cours de route sur tel ou tel élément à modifier, un oubli, une humeur différente au moment d’aborder le texte, etc. Quoi qu’il en soit, avec au moins 7 ou 8 mois d’écart entre le début et la fin du roman, j’ai constaté une différence.
Ce qui me fait dire qu’il est important pour moi, notamment pour les corrections finales, de relire vite, très vite. C’est une difficulté supplémentaire pour la tortue que je suis, mais ça me semble aujourd’hui indispensable.
Du coup, avant de refiler le texte à deux nouvelles relectrices, j’ai refait un passage express dessus. En 20 jours. Je sais d’emblée que ce ne seront pas les dernières corrections, le texte est tellement volumineux qu’il contient à mon avis encore pas mal de scories, mais la prochaine fois, je sais qu’il ne me faudra pas traîner plusieurs mois dessus.

Entre lectures, papiers et logiciels dédiés

Je me balade en permanence avec des calepins pour saisir les idées au vol (surtout que mes temps de transport sont chez moi très propices à leur apparition). Je lis des romans en lien avec mes corrections ou un point que je souhaite travailler en particulier, pour comprendre, continuer d’apprendre des autres. Je tiens un calendrier des jours de correction, pour la motivation. Et j’utilise la force d’outils dédiés : Antidote pour les retouches ; Scrivener pour la puissance de ses prises de notes (notes générales, notes par scènes) et la gestion du chapitrage.

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Capture d’écran de Scrivener (le chapitrage à gauche, les notes à droite)

Pour ce travail de correction, je ne m’interdis aucun outil, à condition qu’il m’aide vraiment. Quelquefois, on a l’impression que les outils dont on s’empare nous freinent et du coup, je pense qu’il est préférable de s’écouter ; c’est sans doute parce que ça ne colle pas avec son propre fonctionnement à l’instant T (cf. l’intro de ce billet), alors pourquoi s’acharner ? Peut-être que l’outil en question conviendra bien à un autre auteur, peut-être même que ça conviendra pour un prochain texte. Dans le doute, tester permet de s’en rendre compte assez vite. Il y a quelques années, j’ai laissé tomber µwriter parce qu’à ce moment-là, ça me bloquait. Pourtant aujourd’hui, j’utilise Scrivener tous les jours et je ne m’en lasse pas.

Mais y a-t-il vraiment une fin à tout ça ?

Eh bien, oui. Et heureusement !
Corriger est un long processus, ça demande une montagne d’efforts. Chez moi, le processus commence même pendant l’écriture du premier jet d’un texte, parce que je ne peux pas m’empêcher de relire une scène avant d’écrire la suivante (et du coup, j’en profite pour retoucher…), et il se termine quelques mois (années ?) plus tard. Il y a des textes qui demanderont vraiment plus de temps et d’investissements que d’autres à la correction, ce n’est jamais gravé dans le marbre, et c’est sans doute ce qui rend ce travail intéressant. Il reste encore de la surprise, même si ce n’est pas la même que pendant le 1er jet.
J’ai aussi la chance d’avoir fini par « accepter » le fait que corriger prend du temps. Au début, ce n’était pas du tout le cas et ça me causait pas mal de frustrations. Il y avait une forme d’impatience à vouloir obtenir un texte fini, une envie de « se contenter de ». Ça aussi, j’ai fini par m’en débarrasser.
Mais le tout est de ne pas tomber non plus dans l’excès inverse. Savoir s’arrêter de corriger et poser un point final à ce travail, parce qu’il y a d’autres histoires qui attendent de fleurir et que ce serait dommage de passer toute sa vie sur une seule. C’est quand même le luxe de l’écrivain que d’avoir plusieurs vies… Alors autant se faire confiance et apprendre à lâcher prise au « bon » moment pour chaque texte.

En fait, corriger c’est comme écrire on dirait : c’est un numéro d’équilibriste 😉

3 trucs que j’aime / j’aime pas sur Wattpad

Bon, après un peu plus de 6 mois maintenant d’expérimentation sur Wattpad, il est temps pour moi de faire un petit bilan.
Mais d’abord, qu’est ce que c’est, Wattpad ? Pour celles et ceux qui n’en auraient pas encore entendu parler, Wattpad est une plateforme de publication, que l’on pourrait ranger dans le « microblogging » (un peu comme twitter en fait, même si vous n’êtes pas contraints à 140 caractères max) notamment pour sa dominante sociale.
En gros, Wattpad, c’est un réseau social pour les gens qui aiment écrire et qui veulent partager gratuitement leurs textes avec d’autres.
Wattpad est un américain et a fêté ses 10 ans il y a peu. Il a un « petit frère » (je mets entre guillemets parce qu’en réalité, il faudrait plutôt les voir concurrents, quand bien même Wattpad a l’atout d’exister depuis plus longtemps et donc d’avoir une communauté plus développée) : Scribay, qui est français. Je n’ai pas encore eu le temps de le tester.

Maintenant, puisqu’il ne faut pas faire mentir les titres de billets, entrons dans le lard vif du sujet !

Les 3 trucs que j’aime sur Wattpad

      1. La construction épisodique
        Il y a maintenant 10 ans, alors que je faisais mes premiers pas de blogueuse sur la toile, j’utilisais une plateforme de blog lambda pour écrire des récits découpés en épisodes. C’était un exercice assez cool d’écriture. Je me forçais à écrire au jour le jour, un article après l’autre, pour continuer l’histoire d’Ozaline, une gamine dans un monde de fantasy à qui il arrivait quelques broutilles sans importance, comme des parents kidnappés (je crois. je me base sur mes propres souvenirs et ils laissent souvent à désirer). Peu à peu, d’autres personnages ont pris de l’importance dans ce récit et ont eu droit à leur propre feuilleton.
        Eh bien ce principe-là a complètement été repris sur Wattpad, ce qui fait de moi une…. grosse nostalgique 😀 Je suis contente de retrouver ce découpage. Je n’écris habituellement pas de cette façon-là et, même si je prévois toujours un peu « the » événement d’une saison d’Echos Stellaires, je ne sais jamais ce qui se passera dans les détails ou d’une saison à l’autre. Et ça, ça pousse à faire des sessions de brainstorming et ça stimule la créativité 🙂wattpad-dorian-lake
      2. Le social
        A l’époque d’Ozaline, quand les blogs d’écriture étaient florissants, j’échangeais sur des forums de blogueurs et je suivais quelques auteurs de fantasy qui, comme moi, donnaient dans l’écriture épisodique. On se relisait les uns les autres, on s’encourageait, il y avait une sorte d’émulation qui nous poussait donc à continuer nos textes (un peu beaucoup comme sur les challenges de CoCyclics, hein 😀 mais à l’époque je ne connaissais pas encore la mare…).
        Eh bien, là aussi, Wattpad s’est appuyé sur ce principe communautaire et en a fait l’une de ses grandes forces. Certes, comme Wattpad est américain, il y a beaucoup d’auteurs et de lecteurs en langue anglaise, mais n’ayez crainte, il y a aussi pas mal de francophiles ! Les membres de Wattpad peuvent s’abonner aux écrits d’un auteur, commenter chaque partie publiée, voter, et un système de mailing est mis à disposition de l’auteur pour qu’il puisse avertir ceux qui le suivent. Bien entendu, les liens avec les autres médias sociaux sont disponibles. Pour celles et ceux qui ont donc du mal à se motiver pour avancer, je trouve que Wattpad est un endroit idéal, d’autant que la communauté de lecteurs me parait (jusqu’à présent) très bienveillante.
      3. Une bibliothèque sans fin !
        Si vous aimez lire des romans-feuilletons et/ou les fan-fictions, Wattpad est un peu le paradis sur internet. Il y en a pour tous les goûts. Un classement par genres permet de s’y retrouver, mais vous avez aussi la possibilité en tant qu’auteur de « taguer » votre histoire et donc d’aider les lecteurs friands de tel ou tel type de récit à tomber dessus plus facilement, via le moteur de recherche.
        Sur sa page d’accueil, Wattpad met aussi en avant des genres, des tags, ou des auteurs.

Les 3 trucs que j’aime pas sur Wattpad

      1. L’interface épurée à l’extrême
        Cet argument est souvent présenté comme l’une des forces de Wattpad, notamment pour vous aider à « vous concentrer uniquement sur votre écriture ». Ok.
        Le souci étant que, lorsque vous écrivez plus régulièrement qu’une fois tous les 36 du mois, vous vous rendez vite compte que le peu d’options de mise en forme est bloquant. J’ai été étonnée de ne pas retrouver ce que j’avais sur une plateforme de blogs classique (il n’y a par défaut pas la possibilité de justifier son texte, par exemple).
        J’ai entendu dire que beaucoup d’auteurs, avant de « publier » sur Wattpad, écrivaient donc en passant par un logiciel de traitement de texte standard, et copiaient-collaient ensuite leur travail sur la plateforme. Je n’ai pas utilisé Wattpad de cette manière, histoire de pousser l’expérience jusqu’au bout et parce que je considère qu’un outil de publication bien conçu devrait se suffire à lui-même.
        Force est de constater que ce n’est pas le cas.
      2. La navigation capricieuse et pas très parlante
        Encore un souci d’ordre technique, mais c’est à mon sens là où Wattpad pêche le plus. Lorsque vous êtes auteur et que vous souhaitez visualiser comment apparaît le texte pour un de vos lecteurs, Wattpad ne permet pas de le faire en un clic… Il vous faut passer obligatoirement par la fiche de présentation d’une de vos histoires, utiliser un menu déroulant (pas forcément intuitif) et choisir l’option « lire ».
        J’aurais aussi apprécié que l’ouverture de morceaux d’histoires se fasse plutôt dans un « blank », c’est à dire un nouvel onglet ou une nouvelle page : en tant qu’auteur, si vous souhaitez avoir sous les yeux un épisode précédent et en même temps écrire le suivant, c’est la galère.
        Je n’ai pas trouvé la possibilité (mais peut-être existe-t-elle ?) de créer un chapitrage plus complexe pour chaque histoire. Aujourd’hui, impossible de découper chaque oeuvre par volume, puis par chapitre, car il n’y a qu’un seul niveau d’arborescence. Vous êtes obligés de créer une nouvelle oeuvre pour chaque volume, ce qui ne convient pas pour tous les textes, à mon sens.
        Enfin, les options de « statut » et de « visibilité » de l’histoire manquent je crois d’explication pour ceux qui débarquent sur la plateforme : en choisissant public/privé pour chacune, on ne sait pas ce que ça implique en terme d’effets.
        Toutes ces remarques techniques sont de l’ordre du détail, mais je pense qu’elles nuisent à la prise en main de la plateforme et peuvent donc en rebuter certains.
      3. Des milliers de lectures possibles = une intense frustration
        Je sais ce que vous allez me dire : « hé, t’as dit plus haut que la bibliothèque sans fin, c’était un point positif de Wattpad ! ». Pour toutes celles et ceux qui trouvent le temps de fouiller cette bibliothèque, en effet, Wattpad est un endroit merveilleux.
        Malheureusement, je fais partie de ces autres, celles et ceux qui manquent de temps. Lorsque je peux enfin lire, je consacre ces quelques minutes/heures à faire diminuer cette pile de bouquins (papier) qui me nargue depuis plusieurs années.
        Du coup, quand je vais sur Wattpad, c’est surtout pour mettre à jour mes propres histoires. Je jette de temps à autre un œil sur cette immense bibliothèque, lance une recherche, lit quelques pitchs alléchants avant de refermer le navigateur, frustrée.
        En 2017, je vais essayer de remédier à cela, peut-être de venir parler de mes trouvailles ici, sur ce blog, parce que je reste persuadée que des dizaines (centaines ?) d’histoires n’attendent que d’être découvertes. Il suffit d’avoir le temps de les chercher.

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Vous l’aurez compris, comme tout avis, mon opinion de Wattpad est très subjective, fortement liée à ma propre histoire sur Internet et les plateformes de publication que j’ai pu expérimenter par le passé. Si on met de côté l’aspect technique, Wattpad reste à mon avis un bon endroit pour écrire et pour lire 🙂 Et l’imaginaire y est très représenté, donc pour tous les amoureux de sfff, n’hésitez plus : allez y faire un tour !
Pour celles et ceux qui souhaiteraient se mettre à écrire sur Wattpad dans une optique sérieuse (c’est à dire de publication régulière, pas comme moi qui fais ça en dilettante), je vous conseille l’excellent article de Dorian Lake, pour bien débuter.
Pour m’y retrouver, c’est par ici. (et pour lire les 2 premières saisons d’Echos Stellaires, le journal de Cassy, baroudeuse de l’espace, c’est par là)

A bientôt !